j ml

L’Institut d’Economie Rurale  (IER) est la principale institution de recherche au Mali pour la mise en œuvre de la politique nationale de recherche agricole. L’IER représente plus de 70% des potentialités en matière de recherche agricole. Depuis 1990, l’IER a entrepris un processus de restructuration  qui lui a permis d’améliorer ses performances scientifiques et techniques tout en tout en rapprochant des utilisateurs finaux des résultats de la recherche. La décentralisation de l’IER a permis de couvrir l’ensemble des zones agro-écologiques du Mali en matière de structures de recherche.

Cette capacité d’intervention est renforcée par la culture de partenariat que l’IER entretient avec les instituts de recherche des pays du nord et d’autres systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) de la sous-région. 

 Au-delà du partenariat scientifique, l’IER s’est aussi doté de mécanisme de gestion transparente et efficace qui lui a assuré la confiance des partenaires financiers.

      Présentation générale de l’Institut

L’Institut d’Economie Rurale (IER), créé en 1960, est une institution de recherche ayant pour mission de contribuer à la productivité agricole par des recherches mieux adaptées aux besoins du monde rural, de préserver les ressources naturelles, d'accroître la sécurité alimentaire et le revenu des agriculteurs et d'assurer un développement rural durable faisant le secteur du développement rural, le moteur de la croissance économique du pays. Pour mener à bien cette mission, l’IER a établi un partenariat avec les organisations nationales et internationales tels que les utilisateurs, les universités, les ONG, les centres de recherche, les services agricoles, les agro-industries et le secteur privé.

L’IER, érigé en 2001 Etablissement Public à caractère Scientifique et Technologique (EPST) est doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et administrative. L’IER dispose d’un budget annuel moyen de 5 milliards de francs CFA, représentant les contributions de nombreux partenaires au développement dont l’Etat malien, la Banque Mondiale, l'USAID, la France, les Pays-Bas et la Suisse. L'IER a également conclu des accords de collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux.

Les missions assignées à l’IER sont les suivantes :

  •  
    contribuer à la définition et à la mise en œuvre des objectifs et moyens de recherche et d’étude au service du développement agricole ;
  • élaborer et mettre en œuvre les programmes de recherche agricole ;
  • assurer un appui technique au développement agricole ;
  •  
    contribuer à la formation et à l’information scientifiques et techniques du personnel de la recherche et du développement agricole ;
  •  
    procéder à la mise au point de technologies appropriées pour l’accroissement de la production et l’amélioration de la productivité du monde rural ;
  •  
    diffuser les résultats de recherche et d’études ;
  •  
    fournir des prestations de service dans les domaines relevant de sa compétence.

Pour réussir ses missions, l’IER s’est restructuré en s’appuyant sur une organisation décentralisée de la recherche et de ses structures, un cycle de programmation des projets et activités de recherche qui impliquent les chercheurs, les vulgarisateurs et les producteurs/transformateurs et un système consolidé de gestion financière.

Le ‘‘nouvel’’ IER s’est ainsi doté d’un organigramme bien structuré et décentralisé jusqu’au niveau régional. Il compte 814 agents dont 250 chercheurs de diverses spécialités.

Six (6) Centres Régionaux de Recherche Agronomique (CRRA) ont été créés et repartis dans tout le pays (Kayes, Sotuba, Sikasso, Niono, Mopti et Gao). Les centres opèrent sur le terrain à travers neuf (9) stations et treize (13) sous-stations. En plus des stations et sous-stations, les activités de recherche sont également menées chez les producteurs et au sein des organismes de développement rural. La figure et la carte ci-dessus donnent la distribution géographique des structures de l’IER (stations et sous-stations de recherche) par région administrative.

 Figure : Réseau de stations et sous-stations de l’IER  

Centres régionaux de recherche

Stations

Sous-Stations

Kayes (600-800mm)

 Samé

Ségala, Béma, Kita

Sotuba (800-1000mm)

Sotuba , Baguineda

Katibougou , Kolombada

Sikasso (1000-1200mm)

Sikasso , N’Tarla

Tiérouala, Kébila, Finkolo/Farako

Niono (600-800mm)  

Niono ,Cinzana

Kogoni ,Koula, Baramandougou

Mopti (400-800mm)

Mopti

Koporo

Gao (200mm et moins)  

Diré

Bagoundié

 

Le portefeuille scientifique de l’IER compte 17 programmes de recherche dans six (6) domaines : cultures pluviales (mil, sorgho, maïs, coton, arachide, niébé), cultures irriguées (riz irrigué, riz de bas-fonds, fruits et légumes), productions animales (bovins, petits ruminants, volaille), ressources forestières, ressources halieutiques, système de production et gestion des ressources naturelles, économie des filières et machinisme agricole. A ces programmes se rattachent trois (3) laboratoires centraux (Laboratoire de technologies alimentaires, Laboratoire sol- eau- plante, Laboratoire de nutrition animale) et une Unité de ressources génétiques (URG).    

    Cycle de programmation des activités de recherche

Les mécanismes et procédures pour l’élaboration des propositions de recherche et l’examen des résultats et la programmation de la budgétisation sont partie intégrante du système de gestion de la recherche. La présentation se fait à 3 niveaux : régional, central et national.  

 Au niveau régional 

  • Les Commissions préparatoires
  • Le Comité technique régional 

Au niveau central (Direction générale de l’IER)

Au niveau national (Comité National de la Recherche Agronomique, CNRA) :

  • la Commission scientifique
  • la Commission Nationale des Utilisateurs
  • la Commission Financière     

 Le Conseil d’administration (sous la présidence du Ministre du département de tutelle)

Les principaux domaines d’intervention de l’IER

Les principaux domaines d’intervention de l’IER sont :

  • le développement rural intégré et décentralisé
  • la recherche-développement pour une agriculture durable
  • la formation
  • le crédit agricole
  • le genre et développement
  • la gestion des ressources naturelles
  • le développement des entreprises rurales (PME)
  • l’organisations de producteurs / productrices
  • les filières agricoles
  • l’édition et la publication
  • la nutrition animale, l’analyse des sols, des eaux et des plantes, l’analyse des aliments, les technologies alimentaires
  • le Système d’Information Géographique et les analyses cartographiques
  • la biodiversité et les études environnementales.  
    Partenariat IER avec les institutions nationales, internationales, les ONG et les organisation paysannes

L’IER entretient des rapports de collaboration avec les instituts de recherche du Mali et des pays du nord tels que le CIRAD (Cntre de Coopération Internationale pour la Recherche Agricole et le Développement), l’IRD Institut de Recherche pour le Développement) le KIT (Institut Royal des Tropiques), les Centres internationaux tels que ADRAO (Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest), ICRISAT (International Crop Research Institut for Arid and Semi Arid Tropics), ILRI (International Livestock Research Institute),ICRAF (Centre International de Recherche en Agroforestérie), IITA (International Institute for Tropical Agriculture), avec les universités des pays du nord, avec les SNRA de la sous-région et avec différents réseaux de recherche etc.

Dans le cadre de l’amélioration de l’identification des activités de recherche et du transfert des technologies, l’IER  a développé des liens avec ses partenaires au niveau régional.  A ce titre des missions ont été assignées aux CRRA de développer des relations étroites et de suivi avec les services de développement, les ONG et les organisations paysannes de la région, de mettre les résultats de recherche à la disposition des utilisateurs et de prendre en compte les besoins des utilisateurs dans l’élaboration des activités de recherche.  

    Recherche agricole au service du développement rural 

L'approche de l’IER dans le domaine de la recherche et le transfert de technologie a évolué au fil des années. Les activités de recherche stratégique ont été complétées par la recherche contractuelle ( à la demande d’un client).

L’IER a contribué au développement de technologies tout en tenant compte d'une exploitation durable des ressources naturelles, dans les domaines des techniques culturales, création de variétés, protection des cultures, alimentation du bétail, production de lait et de viande, pêche et sylviculture.

L'expertise disponible couvre également la filière agricole en amont et en aval de la production, l'analyse socio-économique et financière de filières spécifiques, l'approvisionnement en intrants et en crédit agricole, la commercialisation des produits agricoles et la technologie alimentaire.

 Le développement d'une approche système va de pair avec la mise au point de méthodes participatives dans toutes les phases du processus de recherche – recherche développement : diagnostic, planification, tests et suivi - évaluation des résultats. L’IER facilite la communication entre chercheurs, paysans, vulgarisateurs et autres parties.. Des outils participatifs ont été élaborés afin de baser le développement technologique sur les connaissances locales et traditionnelles. L'approche système actuelle tient compte de la diversité paysanne, des intérêts divergents relatifs au genre et à l'appartenance à des groupes sociaux divers, des flux de ressources et de leur contrôle.  

    Les laboratoires et l’Unité de ressources génétiques

Les Laboratoires centraux et l’Unité des ressources génétiques de l’IER sont des structures spécialisées transversales. Ils ont un triple mandats de :

  • Exécuter des projets spécifiques de recherche,
  • Collaborer avec les programmes de l’IER, les structures de recherche nationales régionales et internationales  dans  l’exécution de leurs projets de recherche,
  • Déterminer la valeur physico-chimiques du sol-eau-plante, technologiques des variétés de céréales et autres cultures,  bromatologiques et  alimentaires des aliments animales et humaines

 Le Laboratoire de nutrition animale :

  • Mise au point de technologies de transformation et de conservation des produits agricoles ;
  • Mise au point de méthodes de lutte contre les moisissures des produits ;
  • Formation aux méthodes d’analyses et aux techniques de transformation des aliments ;
  • Contrôle de qualité des aliments ;
  • Analyses bromatologiques et détermination de la valeur nutritive des aliments.

Le Laboratoire sol-eau-plante :

  • Analyse chimique du sol, eau et plante. 
  • Etudes pédologiques et de topo – séquences.
  • Recherche sur la fertilité des sols.
  • Systèmes d'information géographique (SIG) : cartographie.

 Le Laboratoire de technologie alimentaire :

  • Techniques de séchage des fruits : améliorer la conservation des mangue, bananes, papayes, etc. ;
  • Techniques de séchage des légumes : améliorer la conservation des tomates, oignons, courges, etc. ;
  • Techniques de préparation de confiture : améliorer la transformation des fruits (Mangue, papaye, oseille) ;
  • Techniques de préparation de sirop : améliorer la transformation des gingembres, oseilles, tamarins ;
  • Technique d’extraction d’huile du karité et du poisson ;
  • Techniques de préparation des biscuits, croquettes et gâteaux à base de farine composée,
  • Analyses technologiques des variétés de cultures et de produits animaux.

 L’Unité de ressources génétiques (URG) :

  • Sauvegarde du matériel génétique végétal et animal.
  • Conservation et utilisation durable des ressources génétiques et de la biodiversité.
  • Recensement, inventaire, caractérisation des ressources génétiques et de la biodiversité.

 Le Centre d’étude et d’expérimentation en machinisme agricole (CEEMA)

  • Promotion de la mécanisation agricole sur l’ensemble du Mali ;
  • Atelier de prototypes et d’homologation : il s’occupe de la conception, de la fabrication, et l’adaptation des nouveaux prototypes de matériels agricoles aux conditions maliennes ;
  • Service de conseil et de réglementation pour l’introduction de nouvelles technologies ;
  • Atelier de post-récolte : recherche sur la transformation et de stockage des produits agricoles, appui technique dans les travaux de battage, décorticage, mouture de céréales.
  • Atelier formation : assurer la formation pratique des utilisateurs de matériel agricole, des ouvriers spécialisés mécanique agricole, des artisans ruraux en fabrication et maîtrise des outillages et techniques simples mais performantes.

    Gestion de l'information et de la communication

L’IER exploite une bibliothèque scientifique, un centre de documentation et d'information et un centre de formation. Ainsi, une expertise considérable existe au sein de l'Institut dans le domaine de la gestion de l'information. Cette expertise concerne d'une part la définition des politiques et des procédures de collecte et de diffusion d'information et d'autre part la mise en place de l'infrastructure technologique pour sa manipulation et son stockage, y compris le transfert électronique et l'accès par Internet. 

La  LOI d'Orientation Agricole (LOA).: La Loi d’Orientation Agricole couvre l’ensemble des activités économiques du secteur Agricole et péri agricole notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche et la pisciculture, l’aquaculture, l’apiculture, la chasse, la foresterie, la cueillette, la transformation, le transport, le commerce, la distribution et d’autres services Agricoles, ainsi que leurs fonctions sociales et environnementales. Les politiques développées dans ces différents domaines d’activités économiques sont parties intégrantes de la politique de développement Agricole.

Politique Nationale de Développement de l'Elevage. Le sous-secteur élevage occupe une place importante dans l’économie nationale comme en témoigne sa contribution au PIB et aux recettes d’exportation. IL est estimé que l’activité est pratiquée par 80% de la population rurale et constitue une importante source de subsistance de celle-ci. C’est pourquoi  l’élevage occupe une place de choix  dans les stratégies de développement du Mali dont le CSLP constitue le cadre de référence

Le Schema Directeur de la Pêche. Le sous-secteur de la pêche, qui jouit d'une tradition millénaire au Mali et depuis quelques années d’une attention particulière des pouvoirs publics, revêt une importance considérable au sein du secteur développement rural, des points de vues économique, social et environnemental. Le sous-secteur de la pisciculture, relativement récent, est pour sa part en voie de s'insérer dans les systèmes de production en milieu rural dans certaines zones du pays.